Nous détaillons d'abord l'exemple suivant, donné en introduction.
Commençons par écrire la matrice
.
Il faut ensuite calculer son déterminant. Il serait maladroit d'utiliser la règle de Sarrus pour développer le déterminant et le factoriser ensuite. Il vaut mieux le factoriser en faisant apparaître des zéros par combinaison de lignes et de colonnes. Ajoutons d'abord la seconde colonne à la première :
En développant selon la première colonne, il reste un
déterminant d'ordre
qui est facile à factoriser.
Les valeurs propres de
sont donc
,
et
.
Comme elles sont distinctes, il suffit de trouver un vecteur propre
pour chacune.
Commençons par la valeur propre
.
Observons que la matrice
est bien de rang 2, comme prévu : la
somme des trois lignes est nulle et les deux premières
lignes sont indépendantes. Nous allons calculer les cofacteurs
associés à la troisième ligne. Ils valent (attention à
l'alternance de signe) :
Tous les vecteurs non nuls, proportionnels au vecteur
sont vecteurs propres de
, associés à la valeur propre
. Il
est conseillé de choisir le plus simple, ici :
Le choix de la troisième ligne, pour calculer les cofacteurs, est arbitraire. Il suffit que les deux lignes qui restent ne soient pas proportionnelles (car tous les cofacteurs seraient nuls). Voici par exemple les cofacteurs associés à la deuxième ligne.
On pourra trouver un vecteur différent, mais il sera
forcément proportionnel à
celui qu'on trouve avec une autre ligne. Cela ne change rien au choix
du vecteur propre.
Passons maintenant à la valeur propre
.
Les cofacteurs associés à la troisième ligne sont :
Ici encore, nous choisirons un vecteur plus simple, proportionnel au vecteur des cofacteurs.
Nous choisirons un vecteur plus simple, proportionnel au vecteur des cofacteurs.
La matrice de passage
sera constituée en juxtaposant les
trois vecteurs
(en colonnes).
La matrice diagonale
a pour coefficients diagonaux les trois
valeurs propres (attention : l'ordre des valeurs propres et des
vecteurs propres doit être le même).
Il reste à calculer
si on veut utiliser la diagonalisation
sous la forme
.
Observons que la diagonalisation trouvée est loin d'être
unique. On peut choisir un ordre différent pour les valeurs propres,
et pour chaque valeur propre, n'importe quel vecteur non nul
proportionnel à celui qui a été trouvé. On pourra vérifier
par exemple, pour la même matrice
que les matrices
et
ci-dessous vérifient également
Nous donnons ci-dessous sans le détailler un exemple du même type, qu'il est conseillé de traiter pour bien comprendre la méthode.
Dans l'exemple ci-dessous, la matrice
est symétrique. Pour le
choix des vecteurs propres, nous avons fait en sorte que
.
Voici un exemple en dimension
, où les valeurs propres sont des
nombres complexes. La matrice
est la matrice de
la rotation vectorielle d'angle
dans le plan.
Voici maintenant un exemple où la valeur propre
est double. La
méthode des cofacteurs ne s'applique pas pour trouver les vecteurs
propres correspondants : il faut résoudre le système
,
et choisir deux vecteurs non proportionnels (les plus simples
possibles) parmi les solutions.
Le lecteur pourra vérifier que les deux matrices suivantes, qui ont une valeur propre double, ne sont pas diagonalisables.
Voici pour finir quelques systèmes d'équations de récurrence, du type
. Pour déterminer l'expression explicite de
, il faut diagonaliser la matrice
, et calculer
l'expression
.