Les deux exemples de base de séries entières sont la série géométrique et la série exponentielle, dont nous avons étudié la convergence au chapitre précédent. Nous verrons par la suite que beaucoup de séries usuelles sont des variations à partir de ces deux séries de base.
Série géométrique :
Série exponentielle :
Le calcul de la somme de la série géométrique a été
effectué au chapitre précédent, grâce à l'expression
explicite des sommes partielles. Le fait que la somme de la série
exponentielle soit
n'est pas évident. Deux
points de vue sont possibles.
Etant donnée une série entière
, la première
question est celle de son domaine de convergence, à savoir
l'ensemble des complexes
tels que la série converge. On utilise
pour cela le théorème suivant qui exprime une propriété très
particulière d'une série entière, liée aux disques du
plan complexe centrés en 0 : si
est un réel positif,
on note
le disque ouvert de centre 0 et de rayon
.
Deux possibilités existent donc :
soit
est borné, et la série
converge sur
, soit
n'est pas borné. Rappelons que
le terme général d'une série convergente tend vers 0. Donc
si
est borné, alors
tend vers 0 pour tout
, et en particulier
est aussi borné.
Démonstration : Ecrivons :
Le disque
est appelé disque de convergence de la série
entière
.
Le disque de convergence
est donc le plus grand disque (ouvert) tel que
converge à l'intérieur de ce disque. Par
définition de la borne supérieure, si
, la suite
n'est pas bornée, elle ne peut donc pas tendre vers
0 : si
, la série
diverge. Nous
n'étudierons pas en détail ce qui
se passe pour
, car la situation est compliquée : tous les cas
sont possibles. En voici un exemple. Quel que soit le réel
, la série
Si
, la série
diverge.
Si
, la série
est absolument convergente.
Si
, la série
est convergente pour
,
mais pas absolument convergente. Pour
, la série
diverge.
Le rayon de convergence de la série exponentielle est infini,
puisque pour tout
,
tend vers 0. Par
contre, le rayon de convergence de la série
est nul,
puisque pour tout
,
tend vers l'infini. Comme autre cas
particulier, si la suite
est nulle au-delà du rang
, alors
est un polynôme de degré
, qui est
défini pour tout
. C'est une série de rayon de convergence infini.
Le rayon de convergence de la série
est lié aux
coefficients
de la façon suivante.
Démonstration :
Pour éviter les cas particuliers nous supposons que
est
strictement positif et fini. Les cas
et
se traitent
de la même manière, avec la convention
.
Examinons la suite
dans les deux cas
et
.
Le théorème 16.1.4 rappelle évidemment le critère de Cauchy (théorème 15.3.1). Nous avions déjà souligné que le critère de d'Alembert était plus facile à appliquer en général. Pour toutes les séries que l'on rencontrera en pratique, le corollaire suivant suffit à déterminer le rayon de convergence.
converge. Le rayon de convergence de la série entière
Ce résultat vaut aussi pour
et
, toujours avec la
convention
. Il s'applique aux exemples que nous
avons traités jusqu'ici :
,
et
.
Démonstration :
Il suffit d'appliquer la proposition 15.3.5 : si
converge, alors
converge également, et la limite supérieure est égale à la limite.